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PROFESSION NOTAIRE

UN PEU D’HISTOIRE

Le mot notaire vient du latin notarius, de nota note. L'histoire du notariat en France est assez obscure avant Saint Louis. C'est lui qui attacha au Châtelet soixante clercs sous le titre de Notaires Royaux, chargés de recevoir tous les actes de la juridiction volontaire. Ils remplirent si bien leur mission, que Philippe le Bel les étend en 1302 à toutes les terres de la couronne. François Ier fixe leurs attributions en 1542 sous le nom de Tabellions. Henri III crée, en 1575 les Garde-Notes, dont la mission est de veiller à la bonne conservation des actes, en particulier lorsqu'un notaire disparaît. Henri IV remanie le tout en 1597 : les Tabellions sont définitivement remplacés par les Notaires et Garde-Notes. La langue française est obligatoire depuis 1539 (Villers-Cotterêts) et le contrôle des actes depuis 1693. L'acte original aussi appelé la minute est conservé par le notaire. On écrivait petit et menu (minus) pour faire économiser un timbre fiscal au client
car le papier était cher et en plus il était timbré. Le notaire lui était payé en fonction des capitaux exprimés. La copie ou l’expédition ou encore la grosse était remise au client. Le nom de grosse proviendrait de ce qu'à cette époque où les documents de justice étaient rédigés avec une plume d'oie, les commis étaient payés à la ligne et avaient tout intérêt à écrire en grosses lettres. On parlait alors d'écritures grossoyées.
La Révolution les transforme en notaires publics le 6 octobre 1791, question de vocabulaire républicain !
Il faudra cependant attendre la loi du 16 mars 1803 pour voir une réelle réorganisation. Un grand nombre de notaires disparaissent. Ils sont contingentés : dans les grandes villes il ne doit pas y avoir plus d'un notaire pour 6 000 habitants, et dans les autres pas plus de cinq ni moins de deux par justice de paix.
Le métier de notaire est plus riche que celui que nous connaissons aujourd'hui. Il est en plus banquier, marieur, médiateur, agent immobilier...
Contrairement à une idée reçue, même les gens modestes y ont recours, ne serait-ce que pour les baux avec le propriétaire, ou son fermier (intendant), renouvelés régulièrement.
Le Notaire seigneurial est commis pour instrumenter en ladite qualité dans toute l'étendue de la justice d’un seigneur. Il a prêté serment devant le juge. Seuls les seigneurs hauts-justiciers ont droit de tabellionnage, c’est-à-dire le droit d’avoir un ou des notaires. Il n'en existe pas dans chaque paroisse. Du fait qu'il ne peut instrumenter que dans les limites de la seigneurie, il ne traite que de petites ventes, quelques baux à moitié ou fermages, et son revenu est faible. En
fait, il doit souvent compléter ses revenus en prenant d'autres charges comme fermier (intendant) d'un bien seigneurial.
Le Notaire royal est celui qui tient ses provisions du roi. Le notaire royal peut instrumenter dans toute la province, et traite des affaires plus nombreuses et plus importantes. Seuls les notaires du Châtelet peuvent instrumenter dans toute la France.
Le Notaire Arpenteur royal, créé par édit du mois de mai 1702, dans toutes les juridictions royales, était un office en vertu duquel le pourvu pouvait faire la fonction de notaire avec celle d'arpenteur. Cet office n'a pas duré longtemps comme tel, les deux offices ont été rapidement dissociés.
Le Notaire apostolique est un officier public établi par les évêques ou archevêques dans leur diocèse, (autrefois par le pape) pour y recevoir les actes concernant les mêmes matières spirituelles et bénéficiales (nominations des chapelains, etc. et revenus). Le Notaire royal et apostolique est celui qui réunit la fonction de notaire royal
séculier avec celle de notaire royal apostolique. Il y a néanmoins aussi quelquefois des notaires apostoliques qu'on appelle royaux, parce qu'ils ont été créés par le roi ; mais qui ne réunissent pas la fonction de notaire royal laïc. On trouve aussi les termes de Notaire de cour d'église et de Notaire de la cour épiscopale Le Notaire et Greffier, souvent appelé notaire tout court, exerce en fait aussi la fonction de greffier en plus de celle de notaire. C'est
normal, dans les campagnes, il est la plupart du temps seul à savoir rédiger avec le curé.
Le Notaire en cour laïque désigne le notaire royal laïc ou le notaire seigneurial, par opposition à notaire de cour d'église ou apostolique.
Le Notaire de la cour : nom que l'on a donné aux notaires et secrétaires du roi servant près du parlement ou de quelque autre cour souveraine ; devenus par la suite les secrétaires du roi près les cours.
Le Notaire garde-notes : C’est un notaire qui a droit de garder les notes, minutes, registres et protocoles de ses prédécesseurs. Sinon, les veuves et héritiers gardent les minutes, ou les donnent à ceux qu'ils jugent à-propos.

LES ARCHIVES NOTARIALES

Les minutes notariales constituent une source particulièrement riche pour le généalogiste ; elles permettent souvent de progresser dans les recherches alors que les registres paroissiaux n’existent pas.
La loi du 4 mars 1928 a autorisé le dépôt aux Archives départementales des minutes notariales de plus de 125 ans. La loi du 9 janvier 1979 considérait les archives notariales comme des archives publiques soumises au dépôt obligatoire. Cependant nombre de notaires détiennent toujours dans leurs greniers ou leurs caves les centaines de mètres linéaires d’archives, héritées d’un lointain prédécesseur, et dont, souvent, ils ne connaissent pas le détail. Même lorsque ces fonds sont versés aux Archives départementales, il faudra un long travail d’analyse pour en faire simplement l’inventaire succinct. Il convient donc de noter que les conditions de recherche s’avèrent être très différentes d’un département à l’autre.
On trouve les archives notariales en Série E. Cependant pour rechercher un acte notarié il convient de consulter :
- pour la période antérieure à 1790 le contrôle des actes en Série C,
- pour la période révolutionnaire, de 1793 à 1800, les répertoires annuels en Série L,
- après cette date les fonds de l’enregistrement et de la conservation des hypothèques en Série Q. Les répertoires annuels sous forme de tables sont en Série U .
Dans ces Séries il est possible de trouver des tables par natures d’actes (contrats de mariages, ventes, successions, etc.) qui indiquent la date et le nom du notaire. Pour la période antérieure à la Révolution il convient de connaître au préalable les anciennes élections des généralités (Exemple : pour le Loiret répartition des élections entre les généralités de Paris et d’Orléans.)

LE CONTRAT DE MARIAGE

C’est un document particulièrement riche en renseignements généalogiques car il indique, en général, non seulement les noms et prénoms des futurs époux (et quelquefois leur paroisse d’origine) et de leurs parents mais ceux de tous les participants à la signature du contrat. Très souvent on y trouve les frères et sœurs des époux, les oncles et tantes et même les cousins, germains ou non. Bien sûr les informations relatives au régime matrimonial, à la dot de la mariée et
aux apports de l’époux permettent de mesurer la richesse des mariés.

L’INVENTAIRE APRES DECES

Après un décès les héritiers du défunt sont fondés à demander qu'un inventaire des biens soit effectué. On attendait souvent le remariage de l’époux survivant pour effectuer cet acte destiné à protéger les intérêts des enfants du premier lit. Chaque bien est estimé et sa valeur notée.
Tous les biens sont inventoriés et notés dans le moindre détail :
- les biens immobiliers et fonciers
- les meubles, la vaisselle, le linge, les vêtements,…
- les outils, instruments aratoires ou outillage pro-fessionnel...
- le cheptel, les animaux, les cultures en cours (gaigneries), les récoltes engrangées, le fumier,...
- les dettes actives et passives.
- etc…

L’ACTE DE PARTAGE

L’acte d’inventaire est souvent suivi d’un Acte de partage qui s’avère très intéressant pour connaître les enfants vivants à cette date et leurs conjoints, même s’ils sont établis dans une paroisse éloignée, et quelquefois les petits enfants ou d’autres parents. Une particularité : les enfants entrés dans les ordres n’y figurent pas car ils ont déjà été dotés.

AUTRES ACTES INTERESSANTS

les Testaments
les Actes de vente
les Nominations de tuteurs
les Donations,
les Actes d'Emancipation,
les Actes de Séparation de biens
les Accords et Transactions et des actes divers comme la nomination des marguilliers, les contributions au budget de la fabrique qui permettent d’avoir des informations sur toute la paroisse.

L’ECRITURE DES ACTES NOTARIES

Le déchiffrement des actes notariés nécessite une certaine connaissance de la paléo-écriture et aussi de quelques petites astuces qui facilitent le travail du généalogiste. La lecture de plusieurs actes écrits par le même scribe facilite grandement la tâche car les formules sont répétitives. Celui-ci a fréquemment recours à de nombreuses abréviations (prts = présents, pãr = paroisse, lab = laboureur,…)

Sources :
- Site Internet d’Odile HALBERT : (http://perso.wanadoo.fr/odile.halbert/metier/notaire.htm ?)

- Site Internet du Guide de la Généalogie :

- Recherches généalogiques dans les minutes notariales aux Archives départementales du Loiret de Gérard HÉAU Collection Loiret Généalogique – 1994